La cogénération et le développement durable.

Comment la cogénération s'inscrit-elle dans le développement durable

Les avantages

  • Le rendement d’une centrale de production électrique, qu'elle fonctionne au combustible nucléaire, au fioul ou au charbon, ne dépasse guère les 40%, le reste de l'énergie produite étant dispersée dans l'environnement (cours d'eau, atmosphère) sous forme de chaleur. La cogénération fait donc une meilleure utilisation de l'énergie primaire contenue dans le combustible.
  • Nous savons que les réserves de combustibles fossiles sont limitées et nous devons donc en faire usage avec parcimonie. La cogénération amène alors à faire des économies d'énergie fossile grâce à sa meilleure utilisation de l'énergie primaire du combustible.
  • Le transport sur de longues distances de l'énergie électrique produite de façon centralisée génère d'importantes pertes supplémentaires "en ligne", par effet Joule, et implique des infrastructures coûteuses, polluantes visuellement.
  • La cogénération, lorsqu'elle se substitue à une production d'énergie à partir de pétrole ou de gaz, limite l’émission des polluants et de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Comparaison de rendements typiques

 

Une turbine à gaz équipée d'une chaudière de récupération peut produire environ 33 mégajoules d'électricité et 50 mégajoules de chaleur à partir de 100 MJ de carburant.

 

Si les mêmes quantités de chaleur et d'électricité étaient produites séparément, il faudrait consommer environ 100 MJ de carburant pour le groupe électrogène, (moteur diesel et alternateur, rendement typique de 33%), plus 55 MJ pour la chaudière (avec un rendement typique de 90%), soit 155 MJ au total.

 

Dans cet exemple simplifié, la cogénération permet d'économiser plus de 30% de carburant par rapport à la production séparée.

 

 

La cogénération en France

 

La production d'électricité par cogénération a représenté 11% de la production totale d'électricité de l'UE en 1998. Si la part de la cogénération dans la production d'électricité augmentait jusqu'à atteindre 18%, des économies d'énergie pourraient représenter de l'ordre de 3 à 4% de la consommation brute totale de l'UE. (source: Union Européenne)

 

De fortes inégalités demeurent en Europe. Si la production française d'électricité par cogénération était de 3% en 2000, la production au Danemark était alors supérieure à 50% des besoins électriques du pays. De 2000 à 2003, en l'absence de législation claire concernant les conditions de rachat par EDF, pratiquement aucun projet de cogénération n'a vu le jour en France. La directive 2004/8/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 février 2004 concernant la promotion de la cogénération sur la base de la demande de chaleur utile dans le marché intérieur de l'énergie, et l'envolée du coût des énergies fossiles, permettent de supposer que la cogénération prendra plus d'importance en France dans les années à venir.